vendredi 13 octobre 2017

Le GRAND MIRACLE du 13 octobre 1917 à FATIMA (la danse du soleil)

369

  « Sa Sainteté Pie X a daigné accorder la Bénédiction Apostolique 
à tous ceux qui observeront la pieuse pratique 
des Trois Ave Maria. »

(Le Ciel ouvert par la pratique des Trois Ave Maria)


LIENS de TÉLÉCHARGEMENT des PDF de CANTIQUES & PAROLES de SAINTS



* * * * * * *






IL Y A 100 ans :
SIXIÈME et DERNIÈRE APPARITION
 de NOTRE-DAME de FATIMA

(13 octobre 1917)


 

« Je suis Notre-Dame du Rosaire. 

Je suis venue pour exhorter les fidèles à changer de vie, 

à ne plus affliger par le péché 

Notre-Seigneur déjà trop offensé, 

à RÉCITER le Saint ROSAIRE

et à faire pénitence de leurs péchés. »

(Notre-Dame de Fatima le 13 octobre 1917)



Le ROSAIRE sur les AVE MARIA de LOURDES & FATIMA :



  AVE MARIA de FATIMA (diaporama)

Pour TÉLÉCHARGER, voici l'URL de la vidéo :

https://youtu.be/gQK1pFwydkU

(exemple de site de téléchargement :  

https://www.onlinevideoconverter.com/fr/video-converter )

 

Fichier PDF des Paroles de l'Ave Maria de Fatima (les 3 cantiques) 
 ici :

1-Toutes les autres Versions chantées :




annoncé par Notre-Dame de Fatima le 13 juillet 1917

dévoilé en partie dans l'entretien au Père Fuentes en 1957

 


Le CENTENAIRE de FATIMA
en 8 vidéos qui se suivent
 

Pour TÉLÉCHARGER, voici l'URL des vidéos :

1- 25 couplets instrumentaux : 

https://youtu.be/bGPclcoagWs

2- 31 couplets instrumentaux :

https://youtu.be/CdkgRqfX63Y

3- 25 couplets chantés : 

https://youtu.be/iZ_93weoE8U

4- Mai & Octobre (Mois de Marie) :

https://youtu.be/FvlbaAQxRg0

5- 15 couplets instrumentaux : 

https://youtu.be/Xtfi-wTEbLk

6- Le Rosaire chanté:

https://youtu.be/6f-H6G9hVus

7- 33 couplets instrumentaux : 

https://youtu.be/X-IypaX9g4A

8- 33 couplets chantés (paroles de l'interprète) :

https://youtu.be/VuqhldEMexc

 

PAROLES + Autres Versions ici :

1- http://montfortajpm.blogspot.fr/2016/05/notre-dame-de-fatima-13-mai.html

2- http://montfortajpm.blogspot.fr/2017/05/mois-de-Marie-sur-les-Ave-Maria-de-Lourdes-et-Fatima.html

3- http://montfortajpm.blogspot.fr/2017/07/pour-le-centenaire-de-Fatima--Ave-Maria.html





Le GRAND MIRACLE 
du 13 octobre 1917 à FATIMA
(la danse du soleil)

I- Les PHOTOGRAPHIES :

































II- RELATIONS du PRODIGE SOLAIRE :

(tirées du Chanoine Barthas, 

"FATIMA, merveille du XXe siècle, d'après les témoins et les documents",

1957, première édition : 1941)


1- Un TÉMOIN "NON SUSPECT"



M. Avelino de Almeida,
rédacteur en chef du grand quotidien de Lisbonne O seculo,
ancien élève du Séminaire de Santarem
passé à la franc-maçonnerie,
universellement connu comme adversaire de l’Église
à cause de ses articles haineux dans l'hebdomadaire A Lanterna.



a) Article de M. Avelino de Almeida
dans le journal O seculo
 du 15 octobre 1917 :





Choses étonnantes !
COMMENT LE SOLEIL A DANSÉ EN PLAIN MIDI
À FATIMA
Les apparitions de la Vierge. - En quoi consiste le Signe du Ciel.
- Plusieurs milliers de personnes se prononcent pour un miracle. - La guerre et la paix.

De notre envoyé spécial Avelino de Almeida. Ourém, 13 octobre.

          En sautant du train, après un lent voyage, hier, vers 16 heures, en gare de Châo de Maçâs, où descendirent aussi de pieuses gens venues de loin pour assister au "Miracle", j'ai demandé à brûle-pourpoint à un garçon de l'omnibus régulier s'il avait déjà vu la Madone. Avec un sourire sardonique et un regard en biais, il n'a pas hésité à me répondre : « Quant à moi, je n'y ai vu que des pierres, des chars, des automobiles, des bêtes et des gens ! » Par une équivoque compréhensible, la voiture qui devait nous conduire (avec miss Judah Ruah) jusqu'à la ville ne se montre pas, et nous nous décidons à parcourir à pied courageusement quelque deux lieues, car la diligence n'a plus de places et toutes les carrioles qui attendent des voyageurs se trouvent retenues depuis longtemps.

           En cours de route, nous rencontrons les premiers groupes qui se dirigent vers le lieu saint, à plus de 20 kilomètres. Presque tous, hommes et femmes, vont pieds nus - les femmes portant leurs chaussures dans un sac sur la tête, les hommes s'appuyant à de gros bâtons et faisant suivre prudemment leur parapluie. On les dirait tous étrangers à ce qui se passe autour d'eux, se désintéressant complètement du paysage comme des autres voyageurs, perdus dans un rêve, récitant leur chapelet en une triste mélopée. Une femme récite la première partie du Je vous salue ; ses compagnons, en chœur, disent la seconde partie de la supplique. D'un pas sûr et cadencé, ils frappent la route poussiéreuse qui court entre les sapinières et les oliveraies. Ils veulent arriver avant la nuit au lieu de l'apparition où, sous le serein et la froide lumière des astres, ils espèrent pouvoir dormir, en gardant les premières places auprès de l'yeuse bénie, afin de mieux voir aujourd'hui.

           À l'entrée de la ville, des femmes du peuple, que le milieu a déjà contaminé d'athéisme, commentent, en blaguant, le fait du jour :
 - Alors, vous allez voir demain la Sainte ?
 - Moi, non. Encore si elle venait ici !
Et elles rient de bon cœur, tandis que les dévots poursuivent leur chemin, indifférents à tout ce qui n'est pas l'objet de leur pèlerinage. Ce n'est que grâce à une extrême gentillesse que nous pouvons nous loger à Ourém. Toute la nuit, se rassemblent sur la place de la ville les véhicules les plus divers, transportant croyants et curieux. Il n'y manque pas de vieilles femmes vêtues de noir, pliées déjà sous le poids des ans, mais les yeux pétillants de la lumière ardente de la foi qui les a amenées à l'acte courageux d'abandonner pour un jour entier l'inséparable petit coin de leur maison. Dès l'aube, de nouveaux groupe surgissent, intrépides ; ils traversent, sans s'arrêter, le patelin dont ils brisent le silence par le chant de leurs cantiques que des voix féminines, très justes, entonnent, dans un violent contraste avec la rudesse des types...

           Le soleil apparaît, mais le visage du ciel présage la tempête. Des nuages noirs s'amoncellent, précisément du côté de Fatima. Rien, toutefois, ne retient ceux qui, par tous les chemins et toute sorte de moyens de locomotion, affluent vers là-haut. Les luxueuses automobiles défilent à une allure vertigineuse, faisant retentir leurs klaxons ; les charrettes à bœufs se traînent sur un côté de la route ; les landaus, les victorias, les calèches fermées, les chariots dans lesquels des sièges ont été improvisés, sont pleins à craquer... Presque tous, avec leur sac de provisions plus ou moins bien garni pour les bouches chrétiennes, emportent du fourrage pour ceux que le "Poverello" appelait nos frères et qui accomplissent courageusement leur tâche... Des grelots résonnent, on voit une charrette ornée avec du buis ; cependant, l'air de fête est discret, les manières polies, l'ordre absolu… Les bourriquets trottent sur le bord de la route, et les cyclistes, très nombreux, font des merveilles pour ne pas buter contre les chariots.

           Vers 10 heures, le ciel se couvre totalement et une bonne pluie ne se fait pas attendre. L'eau, battue par un vent sauvage, vous fustige la face, noyant le macadam et trempant jusqu'aux os les voyageurs dépourvus de parapluies ou de tout autre protection. Personne ne s'impatiente ; on continue sa route, et si quelques-uns s'abritent sous les arbres, auprès des murs des fermes, ou dans les maisons isolées qui se penchent sur la route, d'autres poursuivent leur marche avec une constance surprenante ; on peut remarquer certaines femmes, les habits collés au corps - en raison de la violence et de l'insistance de la pluie - dessinent les formes comme si elles sortaient du bain.

           L'endroit de la lande de Fatima où l'on dit que la Vierge est apparue aux petits bergers du village d'Aljustrel, est dominé en grande partie par la route de Leiria, au long de laquelle se placent les voitures des pèlerins et des touristes. Quelqu'un a compté plus de cent autos et plus de cent vélos, et il serait impossible de dénombrer les divers chariots qui encombraient la route. Parmi eux, le car de Torres-Novas, dans lequel fraternisaient des personnes de toutes les conditions sociales.

           La masse des pèlerins, des milliers de personnes venues de plusieurs lieues alentour et auxquelles se sont adjoints les fidèles venus de diverses provinces, se réunissent autour du petit chêne vert que, au dire des petits bergers, la vision choisit comme piédestal. On peut le considérer comme le centre d'un large cirque, sur les pentes duquel le reste des spectateurs et des dévots prennent place. À le voir de la route, l'ensemble est simplement fantastique. De prudents paysans, campés sous leurs énormes parapluies, accompagnent le déballage de leurs maigres provisions avec des cantiques pieux et des dizaines du Rosaire. Personne ne craint d'enfoncer ses pieds dans l'argile pâteuse, afin de voir de près l'arbre au-dessus duquel fut construit un grossier portique où se balancent deux lampes... Les groupes se répondent pour chanter les louanges de la Vierge, et voici qu'un lièvre, abasourdi, qui se sauve en direction d'un bois, réussit à détourner l'attention d'une demi-douzaine de petits bergers qui l'atteignent et l'abattent à coups de bâtons...

           Et nos pastoureaux ? ...Lucie, âgée de dix ans, la voyante, et ses petits compagnons, François, de neuf, et Jacinthe, de sept, ne sont pas encore arrivés. Leur présence est signalée peut-être une demi-heure avant le moment indiqué pour l'apparition. On conduit les petites filles, couronnées de fleurs, à l'endroit où se dresse le portique. La pluie continue sans arrêt, mais personne ne désespère. Des chariots retardataires arrivent sur la route. Des groupes de fidèles s'agenouillent dans la boue et Lucie les prie, leur ordonne de fermer les parapluies. L'ordre est transmis et exécuté de suite, sans résistance. Il y a du monde, beaucoup de monde en extase, dirait-on : ils sont émus, leurs lèvres desséchées ne prient plus ; des personnes en pâmoison, leurs mains en attitude de prière et les yeux qui se mouillent ; ils semblent toucher le surnaturel...

          L'enfant affirme que la Dame lui a parlé encore une fois et le ciel, toujours couvert, commence tout à coup à s'éclaircir par en haut ; la pluie s'arrête et l'on devine que le soleil va inonder de lumière le paysage que le matin d'hiver a rendu accore plus triste...

           L'heure ancienne est celle qui compte pour cette foule, que des calculs sans passion de personnes cultivées et tout à fait étrangères aux influences mystiques évaluent à 30 ou 40 mille personnes... La manifestation miraculeuse, le signe visible annoncé, est sur le point de se produire - assurent bien des pèlerins...

           Et on assiste alors à un spectacle unique et incroyable pour celui qui n'en a pas été témoin. Du haut de la route, où s'entassent les chariots et où se trouvent de nombreuses centaines de gens, à qui a manqué le courage de se jeter dans la terre boueuse, l'on voit l'immense foule se tourner vers le soleil qui se montre dégagé de nuages, en plein midi. L'astre rappelle une plaque d'argent pâle et il est possible de le regarder en face sans la moindre gêne. Il ne brûle pas, il n'aveugle pas. On dirait une éclipse. Mais voici que jaillit une clameur colossale et nous entendons les spectateurs les plus rapprochés qui crient :
- Miracle, miracle ! Merveille, merveille !

           Aux yeux étonnés de ce peuple, dont l'attitude nous transporte aux temps bibliques et qui, rempli d'effroi, la tête découverte, regarde l'azur du ciel, le soleil a tremblé, le soleil a eu des mouvements brusques, jamais constatés, et en dehors de toutes les lois cosmiques - le soleil « a dansé », selon l'expression typique des paysans... Monté sur le marchepied du car de Torres-Novas, un vieillard dont la stature et la physionomie, à la fois douce et énergique, rappellent celles de Paul Déroulède, récite, tourné vers le soleil et à grands cris, le Credo, du commencement à la fin.

           Je demande son nom ; c'est M. Jean-Marie Aimé de Melo Ramalho da Cunha Vasconcellos. Je le vois ensuite qui s'adresse à ceux qui l'entourent et qui ont gardé leur chapeau sur la tête, en les suppliant avec véhémence de se découvrir devant une si extraordinaire démonstration de l'existence de Dieu. Des scènes semblables se répètent en d'autres endroits. Une dame s'écrie, en pleurs et quasi suffoquée :
- Quelle pitié ! Il y a encore des hommes qui ne se découvrent pas devant un si étonnant miracle.

           Aussitôt, les gens se demandent les uns les autres s'ils ont vu quelque chose et ce qu'ils ont vu. Le plus grand nombre avoue qu'ils ont vu le tremblement, la danse du soleil : d'autres, cependant, affirment avoir vu le visage souriant de la Vierge elle-même, jurent que le soleil a fait un tour sur lui-même tel une roue de feu d'artifice, qu'il a baissé jusqu'à brûler la terre de ses rayons... Une autre raconte qu'il l'a vu changer successivement de couleur...

***
Quinze heures presque

           Le ciel est limpide et le soleil suit son cours avec son éclat habituel que personne n'ose contempler en face. Et les pastoureaux ? ... Lucie, celle qui parle à la Vierge, annonce avec des allures théâtrales, au cou d'un homme qui la transporte de groupe en groupe, que la guerre va finir et que les soldats vont rentrer...

          Une telle nouvelle, cependant, n'augmente pas la joie de ceux qui l'entendent : le Signe céleste, c'est tout. Beaucoup de curiosité, néanmoins, pour voir les deux fillettes avec leurs guirlande de roses ; il y en a qui cherchaient à baiser les mains des "petites saintes", et une des deux, Jacinthe, est plus proche de s'évanouir que de danser ; mais ce vers quoi tous aspirent - le Signe du Ciel - a suffi pour les satisfaire, pour les enraciner dans leur foi de Bretons. Des camelots offrent des cartes postales avec les portraits des enfants et d'autres cartes qui représentent un soldat du "Corps expéditionnaire portugais" pensant au secours de sa protectrice en vue du salut de la Patrie, - et même une image de la Vierge donnée comme étant la figure de la vision... Ils faisaient de bonnes affaires et certainement un plus grand nombre de sous tomba dans les poches de ces vendeurs et dans le tronc des aumônes que dans les mains tendues ouvertes des lépreux et des aveugles qui, coudoyant les pèlerins, poussaient leurs cris lancinants...

           La dispersion se produit avec rapidité et sans incidents, sans l’ombre de désordre, sans que soit nécessaire l'intervention des patrouilles de police. Les pèlerins qui partent d'abord, en courant sur la route, sont ceux qui arrivèrent les premiers, avec souliers sur la tête ou suspendus à leurs bâtons. Ils vont, l’âme pleine d'allégresse, répandre la bonne nouvelle dans les villages qui ne se sont pas dépeuplés tout à fait pour venir ici.

           Et les prêtres ? Quelques-uns s'étaient montrés sur les lieux, se rangeant plutôt avec les spectateurs curieux qu'en compagnie des pèlerins avides de faveurs célestes. Peut-être l'un ou l'autre ne réussit-il pas à dissimuler la satisfaction qui apparaît si souvent sur le visage des triomphateurs... Il reste aux compétences à se prononcer sur la danse macabre du soleil, qui, aujourd'hui, à Fatima, a fait exploser les Hosanna de la poitrine des fidèles et a naturellement impressionné - des témoins dignes le foi me l'assurent - les libres-penseurs et d'autres personnes qui ne se préoccupent pas de choses religieuses et qui étaient venus sur cette lande désormais célèbre.

Avelino de Almeida

          Cet article, écrit le samedi 13 octobre 1917, paru le lundi 15, eut un grand retentissement. Les catholiques se réjouissaient de voir les faits reconnus par cet impie qui était obligé de dédire ce qu'il avait écrit la veille. Les francs-maçons, ses anciens amis, le punirent de sa loyauté en l'injuriant dans les organes restés fidèles et dans un violent pamphlet.



b) Article de M. Avelino de Almeida
dans l'hebdomadaire illustré 
Illustração Portuguesa du 29 octobre 1917 :


          Parmi les incroyants présents à la danse du soleil, il s’était trouvé M. Antonio de Bastos, maire de Santarém. Presque converti par ce qu’il avait vu, il fut tout à fait dérouté en lisant l’article de M. Pinto Coelho dans le journal catholique « A Ordém ». Pour sortir de son doute, il écrivit à son ancien camarade du séminaire de Santarém, M. Avelino de Almeida, pour lui demander sa véritable opinion personnelle.

           Le journaliste répondit par une lettre qu’il publia, non plus dans son quotidien mais dans un supplément hebdomadaire illustré, appelé Illustração Portuguesa (numéro du dimanche 29 octobre). Il y renouvelle son affirmation de la merveille qui avait frappé ses yeux. Cet article parut illustré d’une douzaine de photographies prises dans la foule avant, pendant et après le prodige [voir ci-dessous], mais dont il est malheureusement impossible de retrouver les clichés originaux.






LE MIRACLE DE FATIMA
(Lettre à quelqu'un qui demande un témoignage non suspect)
Extraits



           « Rompant un silence de plus de vingt ans et rappelant les temps lointains et regrettés où nous vivions dans une fraternelle camaraderie, illuminée par la foi commune et fortifiée par d’identiques aspirations... tu m’as écrit pour que je te dise sincèrement et minutieusement, ce que je vis et entendis dans la lande de Fatima...

           (Cette phrase rappelant le temps « regretté » où le journaliste libre-penseur étudiait au séminaire et aspirait au sacerdoce, dut être fort remarquée des lecteurs habituels de M. de Almeida et de toute l’opinion portugaise.)

           Les catholiques sont en désaccord sur l’importance et la signification de ce qu’ils ont vu. Les uns sont convaincus que se sont accomplies les promesses d’En-Haut ; les autres se trouvent encore loin de croire à l’indiscutable réalité d’un miracle.

           Tu as été un croyant et tu as cessé de l’être. Des gens de ta famille t’entraînèrent à Fatima dans la colossale vague de ce peuple qui se réunit là le 13 octobre. Ton rationalisme subit un formidable assaut, et tu voudrais établir une opinion sûre en t’appuyant sur des témoignages insuspectables comme le mien, puisque j’étais là tout juste pour l’accomplissement d’une mission bien difficile, celle de relater impartialement pour un grand quotidien, « O seculo », les faits qui se dérouleraient devant moi et tout ce qui s’y rattacherait de curieux ou d’explicatif.

           Je vais satisfaire ton désir ; mais certainement nos yeux et nos oreilles n’ont ni vu ni entendu des choses différentes, et rares furent ceux qui restèrent insensibles à la grandeur de semblable spectacle, unique parmi nous, et de tous points digne de méditation et d’étude...

           Dans les précédentes réunions de fidèles, bien des gens avaient dit voir des singularités astronomiques et atmosphériques que l’on prenait comme indices de l’immédiate intervention divine. On parlait de subits abaissements de la température, du scintillement d’étoiles en plein midi et de nuages très beaux et jamais vus autour du soleil. On répétait et on propageait avec émotion que la Dame avait recommandé la pénitence, qu’elle demandait l’érection d’une chapelle en ce lieu : que les 13 octobre elle manifesterait, par le moyen d’une preuve sensible à tous, la bonté infinie et la toute-puissance de Dieu...

           J’ai vu des troupes d’hommes et de femmes, patiemment, comme soulevés par un rêve, se diriger le soir vers le site fameux, cheminant pieds nus au rythme des cantiques et à la récitation cadencée du chapelet, sans montrer la moindre impatience, émotion ou découragement, lorsque, par un changement subit du temps, les averses eurent transformé les routes poussiéreuses en bourbiers profonds et que, aux douceurs d’octobre, eurent succédé pour un jour les dures rigueurs de l’hiver.

           J’ai vu la multitude... regarder sans le moindre désordre les manifestations surnaturelles, sans que le mauvais temps en diminue la splendeur ou l’importance... J’ai vu que la confiance s’est conservée vive et ardente en dépit des contrariétés imprévues... que les enfants (à ce qu’ils disent, privilégiés) ont été l’objet du plus délicat respect de la part de ce peuple qui s’agenouilla, et pria à leur commandement au moment où approchait l’heure du « miracle », l’heure mystique et ardemment attendue du contact entre le ciel et la terre...

           Et lorsque déjà je ne pouvais imaginer rien de plus impressionnant que cette bruyante mais pacifique multitude animée par la même puissante et obsédante idée et mue par la même puissante angoisse, qu’ai-je vu de plus véritablement étrange dans la « charneca » de Fatima ?... La pluie, à l’heure annoncée d’avance, cesser de tomber ; l’épaisse masse de nuages se dissiper, et l’astre-roi – disque d’argent sans éclat – apparaître en plein zénith et se mettre à danser dans un mouvement violent et convulsif, qu’un grand nombre de témoins imaginaient être une danse serpentine à cause des si belles et si rutilantes couleurs qui revêtit successivement la surface du soleil !...

           Miracle, comme criait le peuple, phénomène naturel, comme disent les savants. Je ne me soucie pas maintenant de le savoir, mais seulement d’affirmer ce que je vis... Le reste est entre la Science et l’Église... »


Avelino de Almeida, 
dans « Illustraçao Portuguesa », n° 610, pages 353-356




 2- DESCRIPTION par un HOMME de SCIENCE

Voici le récit le plus circonstancié, le plus complet et le plus précis
que nous connaissions :
celui de M. le Dr José Proënça de Almeida Garrett,
professeur à l’Université de Coïmbra.
(Nous avons ajouté quelques sous-titres pour plus de clarté)

           « Je vais relater d’une manière brève et concise, sans phrases qui voilent la vérité, ce que je vis à Fatima le 13 octobre 1917. Les heures que j’indiquerai sont celles qui, à cette époque, marquaient officiellement le temps selon la détermination du gouvernement qui avait unifié notre heure avec celle des pays belligérants. Je fais ainsi pour une plus grande exactitude, car il ne m’était pas facile de désigner avec précision le moment auquel le soleil atteignit au zénith.
           J’arrivai à midi. La pluie qui tombait depuis le matin fine et persistante, poussée par un vent sauvage, continuait irritante, menaçant de tout liquéfier. Le ciel bas et pesant avait une couleur très sombre, grosse d’eau, annonce d’une pluie abondante et de longue durée.

La foule :

           Je restai sur la route, à l’abri du capot de l’automobile et un peu plus haut que l’endroit que l’on disait être celui de l’apparition, n’osant pas me lancer dans le bourbier argileux du champ fraîchement labouré. J’étais à un peu plus de cent mètres des poutres dressées que surmontait une croix rustique. Je voyais très distinctement autour de ce portique le large cercle de la foule qui, avec ses parapluies ouverts, semblait un vaste parterre de boucliers.

           Peu après une heure (13 h.), arrivèrent à cet endroit les enfants auxquels (assuraient-ils) la Vierge avait marqué le lieu, le jour, et l’heure de l’apparition. On entendait les cantiques entonnés par le peuple qui les entourait.

           À un moment donné, cette masse confuse et compacte, ferma les parapluies, se découvrant ainsi dans un geste qui devait être d’humilité ou de respect, mais qui me laissa surpris et admiratif ; car la pluie, avec une continuité obstinée, mouillait toujours les têtes, détrempait et inondait. On m’a dit depuis que ces gens, en ce mettant à genoux dans la boue, avaient obéi à la voix d’une enfant.

           Il devait être une heure et demie lorsque s’éleva à l’endroit précis où étaient les enfants, une colonne de fumée, déliée, ténue et bleutée, qui monta droit jusqu’à deux mètres peut-être au-dessus des têtes et s’évanouit à cette hauteur. Ce phénomène dura, parfaitement visible à l’œil nu, quelques secondes. N’ayant pas marqué le temps de la durée, je ne puis dire si elle fut de plus ou de moins d’une minute. La fumée se dissipa brusquement, et, au bout d’un certain temps, le phénomène revint se produire une seconde, puis une troisième fois. Les trois fois, et surtout la dernière, les madriers dressés se détachaient nettement dans l’atmosphère grise.

           Je dirigeai mes lunettes de ce côté. Je ne réussis à voir autre chose que les colonnes de fumée ; mais je restai convaincu qu’elles étaient produites par quelque encensoir agité dans lequel brûlait de l’encens. Depuis, des personnes dignes de foi m’ont affirmé que cette chose s’était produite d’ordinaire les jours treize des cinq mois antérieurs, et que, alors comme cette fois, on n’avait rien brûlé ni fait aucun feu.

           Continuant à regarder le lieu de l’apparition dans une expectative sereine et froide et avec la curiosité qui allait en diminuant parce que le temps passait bien lentement sans que rien ne vienne activer mon attention, j’entendis le brouhaha de milliers de voix et je vis cette multitude répandue sur le vaste terrain qui s’étendait à mes pieds ou concentrée en vagues compactes autour du portique de madriers ou sur les basses chaussées (tas de pierre formant mur ou chemin) qui retiennent les terres, tourner le dos au point vers lequel jusque-là avaient convergé les désirs et les angoisses de tous, et regarder le ciel du côté opposé.

           Il était presque deux heures.



Le soleil :


           Un peu avant, le soleil avait rompu la dense couche de nuages qui l’avait caché pour briller clairement et intensément. Je me tournais vers cet « aimant » qui attirait tous les yeux et je pus le voir semblable à un disque au bord net et à l’arête vive, lumineux et brillant, mais sans fatigue pour les yeux.

           J’entendis, à Fatima même, faire la comparaison avec un disque d’argent mat ; elle ne me parut pas juste. C’était une couleur plus claire, active et riche, et avec des châtoiements, tout comme l’orient d’une perle. Il ne ressemblait en rien à la lune dans une nuit transparente et pure, car il se voyait et se sentait comme un astre vivant. (Nous soulignons ces mots parce qu’ils concordent exactement avec ceux employés par le Cardinal Tedeschini parlant de la vision de Pie XII.)

           Il n’était pas comme la lune, sphérique ; il n’en avait pas la tonalité ni les claires obscurs. Il apparaissait comme un disque plat et poli, taillé dans la nacre d’une coquille. Ce n’est pas là une comparaison banale de poésie à bon marché. Mes yeux le voyaient ainsi.

           Il ne ressemblait pas non plus à un soleil contemplé à travers le brouillard – il n’y en avait pas à ce moment – car il n’était ni obscurci, ni diffus, ni voilé. À Fatima, il donnait lumière et chaleur, et il se dessinait nettement, avec un bord taillé en arête comme une planche à jeux.

           La voûte céleste était couverte de cirrus légers, avec des brèches de bleu çà et là ; mais le soleil plusieurs fois se détacha dans les parties de ciel limpide. Les nuages qui couraient légers de l’Est à l’Ouest, ne masquaient pas la lumière du soleil (laquelle ne blessait pas les yeux), de sorte qu’on avait l’impression, facilement compréhensible et explicable, qu’ils passaient derrière le soleil, et non devant. Mais par moments ces flocons nuageux qui arrivaient blancs, paraissaient prendre, en glissant devant le soleil, une tonalité rose ou bleu diaphane.

Il est merveilleux que durant un temps si long on ait pu fixer l’astre, foyer de lumière et brasier de chaleur, sans une souffrance dans les yeux et sans un éblouissement aveuglant sur la rétine.

           Ce phénomène, avec deux brèves interruptions pendant lesquelles l’astre féroce darda des rayons plus brillants et plus éclatants, et qui obligèrent à détourner le regard, dura environ dix minutes.

Ce disque nacré avait le vertige du mouvement. Ce n’était pas (seulement) le scintillement d’un astre en pleine vie ; il tournait (réellement) sur lui-même avec une vitesse impétueuse.

           De nouveau, on entendit une clameur, comme un grand cri d’angoisse de tout ce peuple. Conservant la rapidité de sa rotation, le soleil se détache du firmament, et, rouge sang, avance vers la terre, menaçant de nous écraser sous le poids de son immense masse ignée. Ce furent des secondes d’impression terrifiante.



L’atmosphère :
           Durant le phénomène solaire que je viens de décrire en détail, il y eut dans l’atmosphère des coloris impressionnants. Je ne peux pas bien préciser le moment exact, car voilà déjà deux mois passés et je n’ai pas pris de notes. Il me souvient que ce ne fut pas près du commencement, et plutôt je crois que ce fut vers la fin.

           M’occupant de fixer le soleil, je remarquai que tout s’obscurcissait autour de moi. Je regardai ce qui était près, puis j’allongeai la vue jusqu’à l’extrême horizon, et je vis tout couleur d’améthyste. Les objets, le ciel et la couche atmosphérique avaient la même couleur. Un grand chêne violacé qui s’élevait devant moi, lançait sur le sol une ombre épaisse.

           Craignant une affection de la rétine – hypothèse peu probable, car en ce cas je n’aurais pas vu les choses violettes – je fermai les paupières et je les retins avec les mains pour intercepter toute lumière. Je me retournai et ouvrant les yeux, je reconnus que, comme auparavant, le paysage et l’air avaient toujours la même couleur violette.

           L’impression que l’on avait, n’était pas celle d’une éclipse. J’ai vu une éclipse de soleil, qui fut totale, à Viseu où je me trouvais. À mesure que la lune avance devant le disque solaire, la lumière va en baissant jusqu’à ce que tout devienne sombre et noir. La vue atteint un petit cercle au delà duquel les objets deviennent peu à peu plus confus, jusqu’à ce qu’ils se perdent dans l’ombre épaisse. La température baisse considérablement et on dirait que la vie de la terre s’est éteinte. À Fatima, l’atmosphère, quoique violette, resta transparente jusqu’aux confins de l’horizon qui se distinguait et se voyait clairement et je n’eus pas la sensation d’un arrêt de l’énergie universelle.

           Continuant à regarder le soleil, je remarquai que l’atmosphère était devenue plus claire. À ce moment, j’entendis un paysan qui, à côté de moi, disait avec un ton d’ébahissement : « Mais, Madame, vous êtes jaune ! »

           De fait, maintenant tout avait changé près et loin, prenant la nuance des vieux damas jaunes. Les gens paraissaient malades, atteints d’ictère. J’ai souri de les voir ainsi laids et de si mauvaise mine. On entendit des rires. Ma main avait la même nuance jaune. Quelques jours après, je fis l’expérience de fixer le soleil quelques brefs instants. Fermant les yeux, puis détournant le regard, je vis après quelques moments, des taches jaunes aux contours irréguliers.

           On ne voyait pas tout de couleur uniforme comme si on avait volatilisé dans l’air une topaze, mais des taches et des mouchetures qui se déplaçaient avec le mouvement du regard.

           Tous ces phénomènes que j’ai cités et décrits, je les observai avec un esprit calme et serein, sans une émotion ni un soubresaut.

           À d’autres il incombe de les expliquer ou de les interpréter. »



(d’après "Os Episodos Miravilhosos de Fatima", par le Vicomte de Montelo)








3- RELATION de M. FERREIRA BORGES
Récit inédit, rapporte le Chanoine Barthas,
que nous a fait par écrit un témoin oculaire, 
résidant maintenant en France. 
Extraits


          « Ce que vous me demandez n’est pas facile. Il y aura bientôt 29 ans que j’ai assisté au miracle de Fatima. J’en ai souvent causé avec des amis qui l’ont vu également : je suis tant de fois retourné en pèlerin à ce lieu de merveille, j’ai tellement lu sur ce sujet que je crains, en racontant, d’ajouter à ce que j’ai vu tout ce qui est venu se déposer dans ma mémoire sur les impressions du moment...

           En 1917, préoccupé par ma profession d’avocat à Lisbonne et par mes projets de mariage, je n’attachai guère d’importance aux récits venus de Fatima, et je n’y étais jamais allé avant le 13 octobre.

           M’étant marié le 1er septembre, je me trouvai en vacances à Marinha Grande avec ma femme, laquelle me demanda le 11 de la porter à Fatima le surlendemain. Avec d’autres amis de Lisbonne et de l’endroit, on projeta un pique-nique dans les bois, et c’est cela qui m’intéressait plus que les apparitions et le miracle attendu.

           À cause du mauvais temps, nous mangeâmes dans une auberge de Batalha, en face du célèbre monastère. Puis par une route qui était une véritable fondrière, nous arrivâmes à la Cova da Iria vers une heure et demie (midi solaire).

           Nous dûmes nous arrêter assez loin de l’endroit où la foule se massait, arrêtés par la barricade des véhicules embouteillés. La pluie qui tombait sans cesse, notre manque d’enthousiasme et de foi, nous retinrent, ma femme et moi, dans la voiture, tandis que nos compagnons de route, plus ardents, s’en allaient patauger dans l’argile gluante. Ils nous invitaient à les suivre, mais nous n’avions qu’un désir, c’était que nos amis en aient vite assez vu pour que nous puissions retrouver notre intimité le plus tôt possible.

           Ma femme était plus que repentie de m’avoir fait venir là, et nous parlions de notre déconvenue lorsque des cris se firent entendre dans la foule : « L’apparition est là... Les enfants la voient !... » J’entends des gens dire qu’ils ont vu un nuage blanc venir de l’est et se poser sur l’arbuste et qu’ils l’y voient encore. Beaucoup se sont mis à genoux et prient, d’autres cherchent à s’approcher de l’arbre, d’autres semblent attendre encore je ne sais quoi, bouche bée...
           À ce moment je sortis de la voiture, et comme je tendais la main à ma femme pour l’aider à descendre, voilà que les nuages accumulés disparurent sans que le moindre souffle d’air se fasse sentir et le soleil resplendit dans un ciel pur. Puis dans la foule on se mit à crier : « Regardez le soleil !... Jésus Maria !... Que va-t-il se passer !... C’en est fait de nous !... » J’étais en bordure de la grande foule, sur la hauteur. Je levai les yeux et je vis le soleil qui se mouvait comme s’il dansait. Je le vis prendre trois positions différentes dans l’espace, marquant les trois angles d’un triangle , tournoyer comme une roue de feu et semblant se rapprocher en spirales de la terre.

           Dans la foule, une partie semblait prise de terreur, une autre d’émerveillement et de joie. Tout le monde tomba à genoux et l’Ave Maria s’élança comme un cri unanime d’admiration , de crainte et d’espoir.

           Que se passa-t-il ensuite ? Je ne sais. Je ne me rappelle pas d’avoir porté une attention spéciale sur mes vêtements ni sur ceux des autres pour voir s’ils étaient secs ou mouillés. D’ailleurs, pour ce qui me concerne, j’étais resté à l’abri dans ma voiture jusqu’à l’éclaircie. Je n’aurais pu que souiller mes pantalons en m’agenouillant dans la boue ; mais je n’ai même pas pensé à le regarder tellement je me sentais saisi par ce qui se passait autour de moi.

           Envahi par une joie recueillie, j’étais sûr que j’avais assisté à un grand miracle et que quelque chose d’exceptionnel s’était passé entre un Être surnaturel et les enfants que je ne voyais pas et que je n’avais jamais vus. De tout mon cœur, je remerciai la Mère de Dieu d’avoir bien voulu que je fusse là, aux débuts de mon mariage en compagnie de ma femme, comme pour recevoir sa bénédiction au début de ma nouvelle vie...

           Après le miracle, la foule se retira au chant du Salve Rainha, dans un recueillement profond et un ordre parfait. Je reconnus quelques farouches sectaires silencieux et méditatifs, comme aussi des croyants fidèles, le visage inondé de larmes et les lèvres frémissantes de prière : c’étaient les premiers résultats du miracle... »



Bayonne, le 13 mai 1946.



4- Un TÉMOIN des ORIGINES :
le Docteur Carlos Mendès


          « Tous les pèlerins de Fatima, écrit le Chanoine Barthas, ont remarqué cet homme de haute et puissante stature qui, équipé avec les bretelles de "servite", dirige le service d’ordre, et toujours, au moment de la bénédiction des malades, précède l’Ostensoir pour faire passage au Saint-Sacrement. C’est M. Carlos de Azevedo Mendès, docteur en droit, président de la Chambre Municipale (Maire) de Torres Novas, député à l’Assemblée Nationale, ancien secrétaire de la Chambre Corporative. »

           Il eut une longue entrevue avec le Chanoine le 22 septembre 1948, à qui il confia ses souvenirs personnels de 1917. Voici la fin de son récit :
           « … Le 13 octobre arriva. Un de mes frères, médecin, mobilisé, était venu du front en permission. Il voulait aller à tout prix à Fatima pour ce grand jour et m’y entraîner. Je le dissuadai et il y renonça. Mais un autre de mes frères avait promis à une vieille servante de la maison de la porter là-haut en auto. (Voyez-la encore ; elle a quatre-vingt-seize ans et veut toujours fournir sa dose de travail). Il me répétait toute la nuit : « Carlos, tu viendras !... Tu viendras !... » Invariablement je lui répondais : « Non, laisse-moi dormir. »

           À quatre heures, il se leva pour se préparer au départ, et moi-même, machinalement, sans savoir pourquoi, je me levai aussi, mais fermement décidé à ne pas me mêler à la foule et à rester à distance sur la route.

           Il pleuvait à torrents ; cela dura toute la matinée. Voilà qu’au moment de l’apparition, sans savoir comment cela s’était fait, je me trouvai tout à côté des enfants. Je ne sais comment me l’expliquer, car ma volonté était toujours de ne pas m’occuper de cette affaire.

           Les enfants étaient très recueillis ; je ne voyais qu’eux. Tout à coup Lucie dit : « Regardez le soleil. Notre-Dame va se manifester. »

           Les nuages se dispersèrent, laissant seulement quelques flocons traînant çà et là dans le ciel. Et nous avons vu le soleil tourner vraiment sur lui-même comme une grande roue de feu, émettant des rayons de diverses couleurs. Ce fut vraiment un moment indescriptible. Tout le monde se mit à genoux. On priait, on criait.

           Lorsque le soleil se retrouva normal, je pris Lucie dans mes bras pour la porter jusqu’à la route. Ainsi mon épaule fut la première tribune d’où elle a prêché le message que venait de lui confier Notre-Dame du Rosaire. Avec un grand enthousiasme et une grande foi, elle criait : « Faites pénitence !... Faites pénitence ! Notre-Dame veut que vous fassiez pénitence. Si vous faites pénitence, la guerre finira... » (Faire pénitence, en portugais, équivaut à « se convertir, revenir à Dieu, fuir le péché, et non : faire des pénitences, des mortifications ».)

           À ce moment du récit, j’interrompis le narrateur :

           - Avez-vous entendu Lucie dire : finira aujourd’hui ?

           - Non, je ne m’en souviens pas. Pourtant elle répéta cette phrase plusieurs fois. On m’a souvent posé la même question, et j’ai toujours répondu que je ne l’avais pas entendu.

           Elle paraissait inspirée... C’était vraiment impressionnant de l’entendre. Sa voix avait des intonations comme la voix d’un grand prophète. » (Et M. Mendès insiste beaucoup sur cette impression de surnaturel dans l’attitude et les paroles de Lucie à ce moment.)

           « Une fois sortis de la grosse foule, je remis l’enfant à sa famille... »

           Et après avoir cité de multiples traites de conversion montrant l’action de la grâce, M. Carlos Mendès conclut :

           « Voyez-vous le grand miracle de Fatima c’est tout ce que nous voyons, ces foules pénitentes... cette piété... ces conversions... le pays transformé !... »



5- TÉMOIGNAGES RECUEILLIS
 par le CHANOINE BARTHAS


          De nombreux personnages nommés dans nos récits des événements de 1917 ont été témoins des faits racontés, et notamment du prodige solaire. Il est matériellement impossible de rapporter les relations qu’ils ont bien voulu nous faire.

           M. l’abbé da Silva avait alors 41 ans. Quoiqu’il n’eût pas vu les « signes » du 13 septembre, il croyait à la parole des enfants. Ses infirmités le contraignirent à une retraite forcée qu’il eût le bonheur de prendre auprès de la Capelinha, où il est mort. Nous l’avons questionné surtout sur les impressions de la foule du 13 octobre. Il divisait les assistants en trois catégories, ceux qui avaient peur, ceux qui priaient, ceux qui chantaient des cantiques dans l’allégresse.
           On est tellement habitué à entendre parler de frayeur pour tout le monde, que cette classification me surprit. Et de fait, en questionnant bien d’autres témoins, je me suis rendu compte de l’exactitude de l’observation de M. da Silva. Plusieurs autres m’ont aussi parlé d’une grande joie, parce qu’ils croyaient aux apparitions et que leur foi était confirmée par un miracle inouï.
           Ceux qui connaissaient les enfants et les aimaient (les gens d’Aljustrel et des hameaux voisins), avaient craint que les menaces des méchants contre eux ne s’exercent si le miracle annoncé ne se produisait pas. Ils étaient heureux de voir cette crainte si bien dissipée par la merveille contemplée.
           Un employé du Sanctuaire, M. Joachim Pereira dos Reis, qui avait alors dix-sept ans, m’a déclaré qu’il était très content parce que « c’était très beau ». Les Portugais, nous le savons, raffolent des feux d’artifice ; la Dame du chêne vert leur en fournissait un d’inimitable.
           D’après plusieurs témoins, ceux qui éprouvaient de la frayeur, c’étaient plutôt les incrédules ou les hostiles au miracle et particulièrement ceux qui venaient pour la première fois et n’avaient pas vu les « signes » des apparitions précédentes.
           Nous avons pu avoir un long entretien avec M. Luis Antonio Vieira de Magalhaes, baron d’Alvayazere, avocat à Vila Nova d’Ourem. Dès l’abord, absolument réfractaire à la réalité des apparitions, il devint par la suite le grand ami des voyants et de leurs familles. C’est lui qui prêta son tombeau de famille pour la sépulture de la petite Jacinte. Lors de l’enquête canonique, il déposa en faveur du prodige solaire. Voici un résumé de son récit :
           « Venu à Fatima par manière de distraction, considérant comme une pure blague tout ce que j’avais entendu sur les apparitions, j’y rencontrai plusieurs amis. Je me mis à commenter devant eux les événements sur un ton ironique jusqu’à indisposer plusieurs d’entre eux qui pensaient autrement.
           Je me préparai alors à bien conserver mon esprit libre quoiqu’il arrivât. Je me rappelai ce principe de Gustave Le Bon qui soutient que l’individu pris dans une collectivité ne peut échapper au courant hypnotique qui le domine. Et je me précautionnai pour ne pas ma laisser influencer. Ainsi prévenu j’assistai au phénomène solaire. » (Et il nous le décrit tel que nous le connaissons déjà.)
           Il termine son récit en déclarant : « Je sais tout juste que je criai : « Je crois ! Je crois ! Je crois !... » et que les larmes tombèrent de mes yeux ; j’étais émerveillé, extasié devant cette manifestation de la puissance divine. »




6- RÉCIT du CHANOINE BARTHAS

("Fatima, merveille du XXe siècle", 1957)

         
           Durant toute cette journée [du 12 octobre 1917], les routes qui conduisaient à Fatima sont encombrées de véhicules de toutes sortes, sans compter les piétons, dont beaucoup marchent pieds nus. Dans tous les groupes, on récite le Chapelet, on chante des cantiques. Malgré la fraîcheur de la saison, tout ce monde se dispose à passer la nuit en plein air, pour avoir le lendemain une meilleure place.

           Le jour suivant se lève sur la région, froid, maussade, pluvieux. N’importe !... La foule augmente, augmente toujours. On arrive des villages voisins, des villes plus éloignées. Les journaux de la capitale ont envoyé leurs meilleurs reporters.

           La pluie ne cesse de tomber à verse toute la matinée. La Cova da Iria, sous le piétinement de cette masse humaine, s’est transformée en un immense bourbier. Pèlerins et curieux sont trempés jusqu’aux os. On dirait que la Vision commence par mettre à l’épreuve la foi des pèlerins. Mais nul ne pense à partir.

           Vers 11h30, il y a là plus de cinquante mille personnes. Certaines évaluations dépassent le chiffre de soixante-dix mille. M. de Almeida Garrett, professeur à l’Université de Coïmbre, estimait la foule à plus de cent mille personnes.

           Tous les yeux sont fixés sur le lieu des apparitions.

           Lucie a une grande joie ce jour-là. Sa mère est à côté d’elle ainsi que son père. Cette fois, Antonio et Maria-Rosa ont voulu accompagner leur fille.

           – Si Lucie doit mourir, nous mourrons avec elle, a courageusement déclaré la mère.

           La multitude est si dense et si empressée à voir les enfants que ceux-ci seraient écrasés sans le dévouement de quelques hommes qui leur font une garde du corps. Antonio, d’ailleurs, ne lâche pas la main de sa fille.

           Prise de peur dans les remous de la foule qui les presse, séparée de son père, Jacinte pleure. Lucie la console, l’assurant que personne ne lui fera du mal.

           Respectueusement, à leur approche, les gens s’efforcent d’ouvrir un passage.

          Les voyants arrivent enfin et vont se placer devant le petit chêne vert dont il ne reste plus que le tronc déchiqueté. Les mamans les ont, ce jour-là, un peu endimanchées. Les fillettes portent une robe bleue et une mante blanche.

           Une bonne dame de Pombalinho, Mme la baronne de Almeirim, a tressé sur leurs voiles, en l’honneur de la dame qui va venir, de fines guirlandes de fleurs artificielles. D’autres gens leur ont chargé les bras de fleurs et mis des couronnes sur la tête… La pluie tombe toujours.

           Jacinte, pressée de tous côtés, pleure et supplie qu’on ne la bouscule pas ; les deux plus grands la mettent entre eux pour la protéger.

           On récite le Chapelet ; entre les dizaines, on chante des cantiques et l’écho des collines répète et grandit encore l’immense voix suppliante et chantante qui, de la Cova da Iria, monte jusqu’au ciel.

Le message de la « Dame »

           Lucie demande que l’on ferme les parapluies. L’ordre se transmet à travers la foule qui, stoïquement, obéit.

           À midi précis (il s’agit de l’heure solaire ; à l’heure officielle, il était 13 heures 30), Lucie tressaille et s’écrie :

           – Un éclair !

          Et regardant vers le ciel :

           – La voici !... La voici !...

           – Regarde bien, ma fille. Prends garde de ne pas te tromper, lui dit sa mère qui se demande, non sans inquiétude, comment s’achèvera cette affaire.

           Mais Lucie ne l’entend plus… L’extase l’a saisie. « Le visage de l’enfant, déclarait à l’enquête, le 13 novembre 1917, un témoin oculaire, devenait de plus en plus beau et prenait une teinte rose ; les lèvres s’amincissaient. »

           Cependant, François et Jacinte aperçoivent eux aussi la Dame à l’endroit ordinaire.

           Pendant qu’ils la contemplent, la foule voit par trois fois se former autour de leur groupe, puis s’élever dans l’air jusqu’à la hauteur de cinq ou six mètres, une petite nuée blanche semblable à une fumée d’encens qui se dissout dans l’air.

           Des mains pieuses ont orné l’arbuste mutilé de fleurs et de rubans de soie. La céleste visiteuse pose justement ses pieds sur ces ornements. Lucie n’a pas oublié qu’elle a promis de dire son nom et le but de ses visites à sa dernière apparition. Elle questionne :

           – Qui êtes-vous, Madame, et que voulez-vous de moi ?

           La Vision répond :

           – Je suis Notre-Dame du Rosaire. Je désire en ce lieu une chapelle en mon honneur.

           Pour la sixième fois, Elle recommande de continuer à réciter le Chapelet tous les jours, ajoutant que la guerre allait vers la fin et que les soldats ne tarderaient pas à retourner chez eux.

           Alors Lucie, qui avait reçu d’une foule de gens des suppliques à transmettre à Notre-Dame, lui dit :

           – J’aurais tant de choses à vous demander !...

           Et Elle :

           – J’en accorderai quelques-unes ; les autres non.

           Et revenant au point central de son Message :

           – Il faut que les hommes se corrigent, qu’ils demandent pardon de leurs péchés !

           Et prenant un air plus triste, avec une voix suppliante :

           – Qu’ils n’offensent plus Notre-Seigneur qui est déjà trop offensé !

           Ces paroles frappèrent fortement l’esprit des voyants ; ils gardèrent un profond souvenir de l’expression de douloureuse tristesse qui avait paru sur le visage de la Dame quand Elle les prononçait.

           Ce furent les derniers mots ; ils renferment l’essentiel du message de Fatima.

           En prenant congé des enfants (ceux-ci étaient persuadés que c’était la dernière apparition), dans un geste déjà connu, Elle écarta les mains qui se reflétèrent sur le soleil, comme si Elle voulait tourner les regards des enfants dans la direction de l’astre du jour devenu tout à coup visible.
 (Dans cette apparition, comme dans les autres, Lucie seule avait parlé ; Jacinte avait entendu les paroles de la Dame et celles de sa cousine ; François n’avait fait que voir.)


La « danse » du soleil

           Au moment précis où la Dame faisait ce geste, Lucie avait crié à la foule : « Regardez le soleil ! » (Il semble que l’intention de Lucie n’était pas d’attirer par ce cri l’attention des personnes présentes sur les phénomènes solaires, mais plutôt sur la nouvelle vision qui commençait à apparaître à côté du soleil aux yeux émerveillés des voyants. De fait, tous les trois ont vu, à ce moment, dans la lumière solaire, la Sainte Famille, comme la Dame le leur avait promis le 13 septembre.)

           Alors l’immense multitude contempla un spectacle stupéfiant, unique, jamais vu… un de ces prodiges célestes qui semblent annoncés par la parole du Sauveur dans la prophétie sur les derniers temps : « Les puissances célestes seront ébranlées », les lois astronomiques seront renversées.

           Tout à coup, la pluie s’est arrêtée et les nuages opaques depuis le matin, se sont dissipés. Le soleil apparaît au zénith, semblable à un disque d’argent que les yeux peuvent fixer sans être éblouis. Autour du disque mat, on discerne une couronne brillante.

           Soudain, il se met à trembler, à se secouer avec des mouvements brusques et, finalement, il tourne sur lui-même comme une roue de feu, projetant dans toutes les directions des gerbes de lumière, dont la couleur change plusieurs fois. Le firmament, la terre, les arbres, les rochers, le groupe des voyants et la multitude immense apparaissent successivement teintés de jaune, de vert, de rouge, de bleu, de violet… Et cela dure deux ou trois minutes !...

           L’astre du jour s’arrête quelques instants. Puis il reprend sa danse de lumière d’une manière plus éblouissante encore.

           Il s’arrête de nouveau pour recommencer encore une troisième fois, plus varié, plus colorié, plus brillant encore, ce feu d’artifice si fantastique, qu’aucun artificier n’aurait pu en imaginer de semblable.

           Comment décrire les impressions de la foule ?... Extatique, immobile, retenant sa respiration, ce peuple de soixante-dix mille voyants contemple…

         Tout à coup, tous ceux qui composent cette multitude, tous sans exception, ont la sensation que le soleil se détache du firmament et, par petits bonds à droite et à gauche, semble se précipiter sur eux, irradiant une chaleur de plus en plus intense.

           Un cri formidable sort à la fois de toutes les poitrines ou plutôt des exclamations diverses, qui traduisent les dispositions diverses des âmes :

           « Miracle ! Miracle ! », crient les uns… « Je crois en Dieu ! », proclame un autre… « Je vous salue, Marie », disent certains… « Mon Dieu, miséricorde ! » implorent beaucoup… Et bientôt c’est le dernier appel qui domine.

           Maintenant, tout ce peuple est tombé à genoux dans la boue et récite l’acte de contrition.

           Cependant le soleil, s'arrêtant tout à coup dans sa chute vertigineuse, est remonté à sa place en zigzaguant comme il était descendu et il a repris peu à peu son éclat normal au milieu d'un ciel limpide. Alors, la foule s'étant relevée, chante en chœur le Credo.

           (M. de Almeida, dans son article du 15 octobre, dans O Seculo, cite le cas de M. Joâo Maria Amado de Melo Ramalho Vasconcellos, qui, sur le marchepied d'un car, criait à très haute voix et lentement le Credo, du commencement à la fin, en regardant le soleil. Quand il eut fini, il s'appliqua à faire se découvrir ceux qui avaient gardé leur chapeau sur la tête.)

           Qui décrira l’état d'émotion de toute cette foule ? Un vieillard, jusque-là incroyant, agite ses bras en l’air en criant :

           – Vierge sainte !... Vierge bénie !…

           Et les larmes inondant son visage, les mains tendues vers le ciel, comme un prophète, le ravissement visible dans tout son être, il crie de toutes ses forces :

           – Vierge du Rosaire, sauvez le Portugal !

           Et de tous les côtés, sur le plateau, se déroulent des scènes analogues.
           La rotation du soleil, avec les intervalles, avait duré dix minutes. Elle fut observée, répétons-le, par tous les présents sans exception : croyants, incroyants, paysans, citadins, hommes de science, journalistes et même pas mal de libres-penseurs. Tous, sans préparatifs d’aucune sorte, sans autre suggestion que l’appel d’une fillette invitant à regarder vers le soleil, perçurent les mêmes phénomènes avec les mêmes phases, au jour et à l’heure annoncés quelques mois auparavant comme ceux d’un grand prodige.
           Plus tard, l’enquête canonique sur le miracle permit de constater que les mouvements du soleil avaient été aperçus par des personnes qui se trouvaient à cinq kilomètres et plus de la Cova da Iria, ignoraient par conséquent ce qui s’y passait et ne pouvaient en aucune manière être influencées par la suggestion ni victimes d’une hallucination collective.
           L’enquête mit aussi en relief un fait fort curieux et qu’attestèrent tous ceux qui furent questionnés à ce sujet. Lorsque la foule fut revenue de sa stupeur et assez consciente pour se rendre compte de ce qui se passait sur la terre, chacun constata, avec stupéfaction nouvelle, que ses habits, tout trempés par la pluie il y a quelques minutes et souvent maculés de boue, étaient absolument secs. (Il y eut même la guérison d’une personne tuberculeuse qui avait supporté toute l’averse.)
          Remarquons enfin que, dans les autres apparitions, les phénomènes atmosphériques observés par l’assistance s’étaient produits pendant l’entretien de la Dame avec les enfants. Cette fois, ils commencèrent seulement lorsqu’Elle quittait la place ordinaire des visions. C’était donc l’adieu de Marie, non seulement aux enfants eux-mêmes, mais à la Cova da Iria et à toute la foule qui l’emplissait.

           Ce sont là des réflexions qu’échangera tout ce peuple et qu’il résumera dans cette phrase mille fois répétée :

           – Nous avons vu le « signe de Dieu » !

           – Et de ce prodige encore des milliers de survivants rendent témoignage, et si on leur dit : « Ne serait-ce pas un cas de suggestion collective ? », ils vous répondent : « Quoi ?... La seule chose qu’il y avait de collective c’était la pluie qui nous trempait jusqu’aux os ! »
           Évidemment, si le ciel a accumulé ce jour-là tous ces prodiges, c’est pour mieux convaincre les témoins et l’Église catholique tout entière de la réalité des apparitions aux enfants et de la crédibilité de leur témoignage, et aussi pour enlever aux parents des voyants et aux sectaires toute possibilité de le mettre en discussion.

           Ces miracles inouïs avaient encore pour but, sans doute, de nous montrer l’importance exceptionnelle que la Mère de Miséricorde attachait au message qu’Elle venait apporter à la Terre par l’intermédiaire des trois petits bergers de Fatima.
           Est-il besoin d’ajouter que la vision par Sa Sainteté Pie XII du même « signe de Dieu » renouvelée quatre fois, les 30 et 31 octobre et les 1er et 8 novembre 1950 (Osservatore Romano du 13 octobre et du 17 novembre 1951) confirme à la fois le message de Fatima et la confiance que le Saint-Père a placée en Celle qu’il invoque comme Reine du Monde et de la Paix ?



La vision multiforme

           La Dame avait annoncé, l’on s’en souvient, qu’à sa visite dernière, Elle se montrerait avec saint Joseph et l’Enfant-Jésus. On ne put savoir si la promesse avait été tenue qu’en interrogeant les petits voyants lorsque eut cessé l’effroi formidable causé par les manifestations extraordinaires que nous venons de raconter.

Voici comment Lucie parlait des particularités de cette apparition, laquelle se montra, non à la hauteur du chêne vert, mais dans le ciel, à côté du soleil, pendant la durée du prodige solaire :

           « J’ai vu saint Joseph et l’Enfant-Jésus à côté de Notre-Dame. Ensuite, j’ai vu Notre-Seigneur qui bénissait la foule. Puis, Notre-Dame s’est montrée, vêtue comme Notre-Dame des Sept-Douleurs, mais sans le glaive dans la poitrine. Enfin, je l’ai vue vêtue d’une autre manière ; je ne sais pas comment dire, il me semble que c’était Notre-Dame du Mont-Carmel. Elle était habillée de blanc, avec une mante bleue, et tenait en mains le Scapulaire. » (Cette vision de Lucie a été interprétée par divers auteurs notamment par son Éminence le Cardinal Cerejeira, dans son homélie du 13 mai 1931, comme un rappel symbolique des trois sortes de mystères du Rosaire.)

           Comme Lucie, ses cousins avaient vu quelques minutes la sainte Famille, mais non les autres visions.

           « L’Enfant était dans les bras de saint Joseph. Il était tout petit, un an environ. Tous deux étaient habillés de rouge clair (encarnado). »

           La vision multiforme n’avait été accompagnée d’aucune parole.

  

 La SAINTE FAMILLE

          
Après l’éblouissement

           Cependant, Lucie, François et Jacinte essaient de se dérober à la curiosité de ces milliers de témoins. C’est en vain.

           Chacun veut les voir et prétend leur parler.

           Dans la cohue, le senhor Antonio a dû lâcher la main de sa fille, qu’il ne reverra plus que le soir, au moment du repas. (Pour l’arracher à l’écrasement, un géant la prit sur ses épaules et la porta jusque sur la route ; ne voyant pas devant lui, il trébucha et dut lâcher l’enfant qui passa sur d’autres épaules. Ce « géant » était M. le Dr Carlos Mendes.)

           On dirait que cette masse énorme de peuple, comme jamais la montagne n’en a vue, na sait plus quitter les lieux où elle a ressenti une si puissante émotion. L’on voit, çà et là, des groupes humains qui font cercle autour d’orateurs improvisés. Mais partout on veut posséder quelques instants les voyants, surtout Lucie.

           On la réclame à droite et à gauche ; là-bas, dans ce bois ; ici, dans ce pâturage, plus loin, à ce carrefour... et même sur la petite place de l’église, à Fatima. On la cherche à la Cova, à Aljustrel, dans sa maison, dans le jardin...

           Et celui qui réussit à la rejoindre et à la retenir, ne sait que lui faire répéter ce qu’elle a dit déjà tant de fois à d’autres. Elle raconte à satiété les mêmes récits, recommence sans cesse les mêmes explications.

           Certains auditeurs, en l’entendant décrire la vision, pleurent d’attendrissement :

           – Quelle grande merveille ! Dieu soit loué !

           Il en est aussi qui, sans motif, émettent encore des doutes. Il s’en trouve même qui nieraient tout, jusqu’au grandiose miracle qu’ils viennent de voir.

           Cependant, il faut repartir et revenir chacun dans son domicile et à ses occupations. Le soir même, les soixante-dix mille « voyants » du signe promis par la Vierge, en apportent la nouvelle dans chacune des villes, dans chacun des villages d’où ils sont venus. La grande rumeur, comme une traînée de poudre, se répand dans tout le Portugal, provoquant partout la plus vive curiosité, souvent une explosion de foi et de piété.

           Le lendemain, les journaux la confirment dans des articles, où le scepticisme affecté du reporter cache mal une profonde émotion.

 

[dernière mise à jour : 23 novembre 2017]

 


Fichier PDF de tous ces témoignages (avec les illustrations), ici :

(disponible quand cet article sera achevé)
+ Téléchargement : 









Page "Le CHAPELET récité avec vous !"
« Le Rosaire est admirable !
Il donne à tous du secours,
Il guérit l’âme incurable :
Disons-le donc tous les jours ! »
Alors, rendez-vous ici :