jeudi 8 décembre 2016

Saint THOMAS d'AQUIN & L’IMMACULÉE-CONCEPTION par Saint Jean Eudes

249

« Dieu refuse à l’un par miséricorde 
ce qu’il donne à un autre par colère. »
   
(Saint Augustin)




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DÉFINITION du DOGME 

de l'IMMACULÉE-CONCEPTION

http://montfortajpm.blogspot.fr/2015/12/limmaculee-conception-8-decembre.html

  

 


  Saint THOMAS d'AQUIN & L’IMMACULÉE-CONCEPTION

par Saint Jean Eudes

  

Mésaventure de Jean de Monson

    J’ai dit plusieurs autres choses très considérables au chapitre 8° du livre que Dieu m’a fait la grâce de mettre au jour, sur l’Enfance admirable de la bienheureuse Vierge [voir ci-dessous], qui font voir manifestement que jamais aucun péché n’a eu de part en son très saint Cœur, mais qu’il a toujours été rempli de grâce dès le moment de sa très pure Conception. Mais pour établir et affermir de plus en plus cette vérité, j’ajouterai ici ce qui est rapporté par le Révérend Père Louis Maimbourg, de la Compagnie de Jésus, dans son Histoire du grand schisme d’Occident, au livre 30, en cette façon. Voici les propres termes :

    Jean de Monson, Docteur et professeur en théologie, de l’Ordre de Saint-Dominique, avait proposé publiquement, dans la salle de Saint Thomas, des thèses dans lesquelles il y avait quatorze propositions très dangereuses ; et entre celles-ci, quatre ou cinq contre l’Immaculée Conception de Notre-Dame. Car il soutenait non seulement qu’elle avait été conçue dans le péché originel, mais aussi que c’est une erreur contre la foi, que de dire qu’elle ne l’eût pas été. Et en même temps quelques-uns de ses Confrères prêchèrent, dans Paris et ailleurs, la même chose et d’autres encore très désavantageuses à l’honneur de la sainte Vierge.
    Cela ne se put faire sans un furieux scandale dans toute la ville, et surtout dans l’Université, qui a toujours été très zélée pour la gloire de la Mère de Dieu. Mais comme le doyen de la Faculté, auquel on s’était adressé pour faire réprimer cette scandaleuse entreprise, eut fait rapport à la Faculté de ces propositions sans en nommer l’auteur, celui-ci qui était présent, bien loin de se rétracter ou de s’excuser, protesta qu’il n’avait rien fait en cela que par l’avis des principaux de sa religion, et même par ordre, et qu’il était résolu de soutenir sa doctrine jusqu’à la mort. C’est pourquoi, comme on vit qu’il persistait toujours dans son opiniâtreté, et qu’après avoir promis une fois de se rétracter, il n’en avait voulu rien faire, la Faculté premièrement, et puis toute l’Université en corps, censura et condamna ses thèses, comme fausses, téméraires, scandaleuses et contraires à la piété des fidèles.
    L’Évêque de Paris, Pierre d’Orgemont, auquel ce célèbre corps s’était adressé, comme au juge de la doctrine dans son diocèse, après avoir imploré l’assistance du Saint-Esprit par une procession générale, et fait examiner de nouveau très exactement ces propositions, confirma la censure qu’on en avait faite, et les condamna solennellement par une sentence juridique, qu’il prononça en cérémonie, revêtu de ses habits pontificaux, dans le parvis de Notre-Dame, dont la place et les environs étaient remplis d’une infinité de personnes de toutes les conditions, accourues de tout Paris à ce spectacle, comme au triomphe de la sainte Vierge.
    Jean de Monson, qui, prévoyant la condamnation, s’était retiré à la Cour d’Avignon, où ceux de son Ordre avaient du crédit, appela de cette sentence au Pape, et protesta, comme firent aussi ses Confrères, qu’il s’agissait en cette cause de la doctrine de saint Thomas, approuvée de l’Église, et laquelle en suite ni l’Université, ni l’Évêque de Paris n’avaient pu condamner.
    Sur cela l’Université, quoique un peu surprise de ce qu’on l’avait citée sur les plaintes d’un particulier, qui avait débité mille faussetés à la cour du Pape, y députa quatre des plus fameux Docteurs : Pierre d’Ailly, grand-maître de Navarre, qui fut depuis Évêque de Cambrai, Gilles des Champs et Jean de Neuville, Bernardins ; et Pierre d’Allainville, Docteur et professeur en Droit Canon ; et en même temps elle fit courir partout une excellente lettre circulaire à tous les fidèles, pour justifier sa conduite contre les Jacobins qui abusaient du nom et de la doctrine de saint Thomas, qu’on n’avait jamais prétendu condamner, et auquel ils faisaient dire, comme il leur plaisait, ce à quoi il n’avait jamais pensé.
    Les quatre députés furent reçus à la Cour du Pape avec toute sorte d’honneur. Ils eurent audience en particulier, et puis en plein Consistoire, trois jours durant, et ils y parlèrent avec tant de force et solidité, en justifiant leur censure et la sentence de l’Évêque de Paris, qu’il s’attirèrent l’admiration de toute cette auguste Assemblée, et que le Pape ne put s’empêcher de faire hautement l’éloge de cette illustre et savante Université, qui produisait de si grands hommes.
    Enfin, après que Jean de Monson eut produit tout ce qu’il voulait dire, et de vive voix en plein Consistoire, et par les écrits qu’il distribuait pour sa défense ; et que les députés, et surtout le docte Pierre d’Ailly, l’eurent confondu dans la dispute, et par un excellent traité où ils firent voir clairement, entre autres choses, que ce qu’on avait condamné n’était nullement la doctrine de saint Thomas, qui ne disait rien moins que ce que prétendait ce Jacobin : le Pape, ayant bien fait examiner la chose devant soi à diverses reprises, durant près d’un an, confirma la sentence de l’évêque de Paris et la censure de l’Université, à laquelle il envoya Jean de Monson avec ordre de se soumettre entièrement à sa correction. Il le promit pour se garantir des prisons du Pape ; mais la nuit suivante il s’enfuit et se sauva dans son pays, en Aragon.
    Les députés ensuite retournèrent comme triomphants à Paris, où ils furent reçus avec de grandes acclamations de tous les Ordres, pour avoir si bien maintenu la gloire de la sainte Vierge. Et parce que les Jacobins, se croyant bien appuyés de Guillaume de Valen, leur confrère, qui était Évêque d’Évreux et confesseur du Roi, ne laissaient pas de soutenir encore ces propositions trois fois condamnées, il s’éleva contre eux la plus terrible tempête qu’on vit jamais.
    Car l’Université les retrancha tous de son corps ; l’Évêque de Paris les interdit de la prédication et des confessions ; on en mit plusieurs en prison ; on ne voulut plus leur faire d’aumônes ; et ceux qui osaient sortir du couvent étaient poursuivis du peuple et accablés d’injures par les rues, comme des ennemis déclarés de la sainte Vierge. Il y eut plus. Le Pape ayant appris la fuite de Jean de Monson et l’opiniâtreté de ses adhérents, les excommunia par une bulle qui fut envoyée d’Avignon pour être fulminée en France. Ferry Cassinel, Évêque d’Auxerre, fut choisi pour la présenter au Roi et pour en poursuivre l’excommunication ; ce qu’il fit avec tant de zèle et de force, comme c’était un des plus fameux Docteurs de Paris, que le Roi ordonna non seulement qu’elle fût publiée, mais aussi que l’on arrêtât prisonniers tous ceux qui parleraient ou écriraient contre l’Immaculée Conception de Notre-Dame, et qu’on les amenât à Paris pour être soumis à la correction de l’Université. Enfin la tempête ne put cesser, jusqu’à ce que les Jacobins se fussent dédits publiquement et qu’ils eussent promis de célébrer la fête de l’Immaculée Conception, et de ne plus jamais rien dire qui lui fût contraire.
    Ce qu’il y eut de plus fort en cela, fut que l’Université, ne pouvant souffrir que l’Évêque d’Évreux, Jacobin et confesseur du Roi, se moquât de la victoire qu’elle avait remportée, et se vantât qu’il tiendrait toujours la doctrine de Jean de Monson, fit de si fortes remontrances au Roi sur ce sujet, qu’il fallut que ce Prélat se rétractât et condamnât cette doctrine par un acte public, comme il fit en présence du Roi, des Princes, du Connétable de Clisson, des Seigneurs de la Cour, et du Conseil, et du Recteur de l’Université accompagné des députés des quatre Facultés. Et la chose alla si avant, que le Roi ne voulut plus se servir de lui, et que nonobstant cette rétractation, son Ordre ne fut rétabli que plusieurs années après dans l’Université ; tant la dévotion solide que toute la France témoigne envers la sainte Vierge, immaculée dans sa Conception, avait jeté dès ce temps-là de profondes racines dans les cœurs de nos ancêtres et surtout de nos Rois.

    Voilà ce qui est rapporté par le Père Maimbourg et par plusieurs autres graves auteurs très dignes de foi. Ce qui nous fait voir combien c’est une chose pernicieuse de s’attacher à son propre sens et de résister à l’esprit de Dieu qui parle par la bouche de l’Église.


("Le Cœur admirable de la Très Sacrée Mère de Dieu", 1681, t. 7, L. 9, Ch I 

ou p.304 à 307, Tome II de l'édition de 2004)

 




Réponse à ce qu’on allègue de saint Thomas

    
Vous ne manquerez pas d’alléguer saint Thomas comme un de ceux qui ont enseigné que cette divine Mère a contracté la souillure du péché originel. Mais on vous dira, premièrement, que cela n’est pas si certain qu’il n’y ait lieu d’en douter.
    Car, quelle apparence qu’un si saint Docteur se soit opposé au sentiment de son père saint Dominique, qui, selon le témoignage de plusieurs célèbres auteurs, a enseigné et prêché le contraire ; et d’Alexandre de Halès, dont il a été le disciple ; et de son grand maître saint Augustin, qui, dans le livre qu’il a fait de la Nature et de la Grâce, contre l’hérésiarque Pélagius, qui niait le péché originel, et qui assurait que l’on pouvait vivre sans aucun péché actuel ; après avoir dit qu’il n’y a aucune créature humaine qui n’ait été sans péché, il excepte ensuite la sainte Vierge, protestant que, quand il s’agit des péchés, il n’entend point parler d’elle en aucune façon.
    « Car nous savons, dit-il, que parce qu’elle a mérité de concevoir et d’enfanter celui qui n’a jamais eu de péché, elle a reçu une grâce très abondante pour vaincre entièrement le péché. »
    Et, dans les livres qu’il a faits contre Julien, évêque de Capoue, il assure comme une maxime indubitable, « que celui qui, dans le cours de sa vie, n’a fait aucun péché actuel, ni mortel, ni véniel, doit être censé n’avoir point aussi contracté le péché originel. »
    D’où il faut conclure que la bienheureuse Vierge en a été exempte, puisque c’est une chose constante, par le commun consentement des saints Pères, du sacré Concile de Trente, et, par conséquent, de toute l’Église, qu’elle n’a jamais fait aucun péché, ni mortel, ni véniel.

    Si vous prétendez que saint Thomas ait parlé contre cette très pure Conception, dans ses Commentaires sur le chapitre troisième de l’Épître aux Galates, leçon sixième, et dans la troisième partie de sa Somme, question 27, article 2, on vous répondra que tant s’en faut que ce saint Docteur ait écrit les choses qui se lisent aujourd’hui dans ces livres sur ce sujet, que l’on voit tout le contraire dans plusieurs anciennes impressions.
    Car, premièrement, dans ses Commentaires sur le chapitre troisième de l’Épître aux Galates, leçon sixième, il dit :
    « Que tous les enfants d’Adam sont conçus en péché, excepté la très pure et très digne Vierge Marie, qui a été entièrement préservée de tout péché originel et véniel. »
    Ces paroles se voient dans les impressions des dits Commentaires, qui se gardent depuis plus de six vingts ans dans la bibliothèque de la Compagnie de Jésus, à Vienne en Dauphiné ; et dans l’édition de l’an 1529, qui est chez les Pères Minimes de Toulouse ; et chez Henrique, Jésuite, lib. 3 Summa, cap. 11, littera M ; et chez Pineda, in cap. 7 Ecclesiastis, v. 29, n. 8 ; et dans l’impression de Paris de l’année 1542, qui se garde dans la bibliothèque du Collège de Bourges, de la même Compagnie, là où Honorat Niquet, Jésuite, assure avoir vu et lu les mêmes Commentaires de saint Thomas sur l’Épître aux Galates, des susdites impressions de Venise et de Paris, dans lesquelles saint Thomas parle en la manière que je viens de dire.
    Secondement, le même saint Thomas, en sa troisième Partie, quest. 27, art. 2, parle en cette manière :
« La bienheureuse Vierge a été sanctifiée dès le ventre de sa mère, lorsque son âme a été unie avec son corps. »
Ces paroles se lisent dans un livre fort ancien, qui se garde dans un couvent de Saint-François, proche les murailles de Séville.
    Et le dit Honorat, religieux très vertueux et très digne de foi de la Compagnie de Jésus, assure qu’il a vu et lu un livre dans leur bibliothèque de Bourges, que j’ai vu et lu aussi dans la bibliothèque du collège de Caen, de la même Compagnie, et dans celle de notre séminaire de Coutances, et que l’auteur de ce livre, nommé Joannes Bromiardus, qui vivait en l’an 1260, selon les chroniques de l’Ordre de Saint-Dominique, alléguant saint Thomas dans sa troisième Partie, quest. 27, article 2, sur la Conception de la bienheureuse Vierge, lui fait dire les mêmes paroles que nous venons de rapporter, à savoir qu’elle a été exempte du péché originel et du péché véniel.
    En troisième lieu, Bernardinus de Bustis 216, Salmeron 217, et [saint Pierre] Canisius 218, écrivent qu’autrefois saint Thomas, écrivant sur la Salutation angélique, parlait en cette façon :
« Marie a toujours été très pure de toute sorte de coulpe, parce que ni le péché originel, ni le mortel, ni le véniel, n’ont jamais eu aucune part en elle » ; Maria purissima fuit quantum ad omnem culpam, quia nec originale, nec mortale, nec veniale peccatum incurrit.
    Et le Cardinal de Turrecremata, quoiqu’il tienne l’opinion opposée, reconnaît néanmoins que ces paroles sont de saint Thomas.
    Et cependant on trouve maintenant tout le contraire dans ce lieu du même Saint, aussi bien que dans les autres précédents sur l’Épître aux Galates, et dans sa troisième Partie.
    Quelle conséquence peut-on tirer de toutes ces choses, sinon que tous ces lieux de saint Thomas, dans lesquels on voit maintenant une doctrine opposée à celle qui y était dans les anciennes impressions, sinon qu’on y a apporté de l’altération et du changement ?
    Aussi lisons-nous chez Théophile Raynaud, de la Compagnie de Jésus, que dans une impression qui se fit à Anvers, des oeuvres de saint Thomas, en l’année 1613, chez un libraire nommé Joannes Keerbergius, celui qui la faisait faire fut accusé devant le Pape Paul V, par un docteur d’Espagne appelé Bernardus de Thoro, qui s’employait pour lors à Rome pour l’affaire de la Conception immaculée de la Reine du ciel : accusé, dis-je, d’avoir corrompu ce que saint Thomas a dit en faveur de cette très pure Conception, dans ses Commentaires sur le premier livre des Sentences, dont nous avons parlé ci- dessus ; et que Sa Sainteté l’en ayant repris et puni sévèrement, il changea le feuillet qui contenait ce qui était dépravé.
    Après cela, si vous nous faites voir quelque autre lieu, dans les livres de saint Thomas, où il semble parler contre la Conception immaculée de notre divine Mère, nous aurons droit de le soupçonner de corruption, vu particulièrement que ce saint Docteur s’explique si clairement dans ses Commentaires sur le premier Livre des Sentences, où il dit que la bienheureuse Vierge a été pure de tout péché, et qu’elle a possédé le souverain degré de la pureté, c’est-à-dire, qu’elle est, comme dit saint Anselme, la plus éclatante pureté qui se puisse imaginer, après la pureté infinie de Dieu : Pervenit ad summum puritatis.
    Et sur le premier encore des Sentences, il parle le même langage qu’il a tenu dans les lieux sus-allégués, avant le changement qu’on y a fait. Voici ces paroles :
    Potest aliquid creatum inveniri, quo nihil purius esse potest in rebus creatis.
    Et talis fuit puritas beatae Virginis, quae a peccato originali et actuali fuit immunis ;
    « On peut trouver quelque créature si pure, qu’il ne puisse rien être de plus pur parmi les choses créées.
    Telle a été la pureté de la bienheureuse Vierge, qui a été exempté de tout péché originel et actuel. »

 

("L’Enfance Admirable de la bienheureuse Vierge", 1676, t. 5)





Saint JEAN EUDES &  La DÉVOTION des 3 AVE MARIA
  aux SACRÉS-CŒURS de JÉSUS et MARIE :

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